AESH : FACE AU MEPRIS DU RECTORAT, LA COLERE MONTE

Retour sur la mobilisation du 20 novembre
mercredi 27 novembre 2019
par  Sud Educ Bourgogne

Le compte n’y est toujours pas !
Et le refrain servi aux délégations de personnels reçues depuis le début d’année dans les Dsden de l’académie ou par la secrétaire générale du Rectorat lors de la journée de mobilisation nationale du 20 novembre 2019 sonne comme une fin de non recevoir chez les collègues AESH et leurs soutiens.

En effet, le nœud du problème est évident pour qui ne met pas de la mauvaise volonté à comprendre, ou plutôt à esquiver le problème.

Par rapport à l’an passé, on demande aux AESH de travailler 1 à 2 heures de plus par semaine devant élève (parfois davantage)… pour un salaire identique ! Comment ne pas s’en offusquer ?

Sur le principe même, c’est condamnable. Mais quand les pontes de l’administration rectorale se permettent de présenter ce nouveau mode de calcul de l’annualisation du temps de travail des collègues AESH comme une marque de reconnaissance du travail invisible fourni par ces derniers, on s’étrangle.

Face au mépris, la colère s’amplifie.

Dans un article d’Infos Dijon du 23 novembre dernier, Madame Coq, Dasen de Côte-d’Or, s’est faite caricature des effets de manche communicationnels qui sont devenus la qualité incontournable exigée pour pourvoir aux plus hauts postes hiérarchiques.

Mais la petite chanson n’est plus audible. Réfuter que la doctrine de gestion de l’école inclusive est guidée de prime abord par la lorgnette budgétaire, c’est mentir éhontément.

Ainsi, quand elle présente le chiffre de 700 AESH recruté.es à la rentrée 2019 comme une hausse des effectifs, elle oublie de dire qu’à la rentrée 2018, il y avait 771 AESH en poste (chiffre du rectorat-communiqué de presse du 11/10/2018). Entre temps, un plan de licenciement silencieux concernant les contrats PEC (emplois aidés) a été mis en œuvre.

Quand on met en avant le désir d’autonomie des élèves, un changement de philosophie, cela s’entendrait si l’Education nationale n’avait pas tout fait pour reprendre la main sur les MDPH afin de limiter les heures d’accompagnement notifiées par ces dernières. Esbrouffe encore.

Quand on présente comme la fin de la précarité le fait de passer à deux CDD de 3 ans (avant proposition éventuelle d’un CDI) au lieu de 6 CDD de 1 an ou moins auparavant, on oublie de préciser que les temps partiels imposés demeurent la norme, tout comme les changements inopinés d’affectation (ce que facilite la constitution de PIAL) et que les salaires restent parmi les plus bas de toute l’Education nationale (en moyenne 700 euros net/mois !).

Ainsi, on a beau chanter sur tous les toits que la précarité recule, la réalité est tout autre pour des centaines d’AESH de l’académie.

Alors on nous parle de cumul d’activités, en partenariat avec les collectivités locales, mais là encore, les grands pontes devraient sortir de leurs tableurs et de leurs notes de service. Comment cumuler un autre emploi, ou deux, pour simplement boucler les fins de mois (pas pour le plaisir de varier les activités !), quand dans le secondaire on a un emploi du temps flexible d’une semaine sur l’autre et qui comprend des amplitudes horaires supérieures à un temps plein ?
Quel employeur accepterait cette « flexibilité » ?

Autre chanson qui écorche nos oreilles, celle de la professionnalisation qui passerait par la formation initiale de 60h, présentée comme une nouveauté.
Mensonge de plus par omission et méconnaissance.

Cette formation existait déjà auparavant (même si pas toujours assurée) et elle ne répond que très partiellement aux besoins des collègues entrant dans le métier. Mais là encore, s’adapter aux besoins ne concernent pas une hiérarchie académique déconnectée du terrain. Au regard de la situation de précarité aggravé dans laquelle les AESH sont mis dans l’académie de Bourgogne, pas étonnant que les démissions soient en forte hausses et que le rectorat éprouve des difficultés à recruter. Pour palier aux besoins, on en arrive même aujourd’hui à recruter des AESH en service civique (encore plus précaires, fallait le faire !).

Vous avez bien récité votre prose, maintenant voici la nôtre :
Payez-nous ce qui est dû et arrêtez de vous payer nos têtes !
Sans nous, pas d’école inclusive dont vous vous faîtes les chantres !


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