Personnels de l’éducation, nous devons rester toutes et tous uni⋅es contre l’extrême droite !

Communiqué intersyndical SUD - CGT - FSU -UNSA
vendredi 12 novembre 2021
par  Sud Educ Bourgogne

En 2017, lors de la dernière élection présidentielle, moins de 5% des enseignant·es et des
personnels de l’éducation ont voté pour Marine Le Pen. Le monde de l’éducation a jusqu’alors
résisté à la percée de l’extrême-droite de ces dernières décennies. Depuis 2017, les médias
montent en épingle des enseignant·es engagé·es auprès de Marine Le Pen ou aujourd’hui d’Éric
Zemmour. Or on constate qu’il s’agit, et heureusement, d’un phénomène très marginal.

Comment l’expliquer ? En tant que syndicalistes nous avons une connaissance privilégiée de
l’institution et de ses personnels. Nous sommes convaincu·es que cette résistance aux idées
d’extrême-droite est bel et bien indissociable des aspirations qui président aux métiers de
l’éducation.

Et pour cause : être un·e professionnel·le de l’éducation, c’est faire sien l’héritage des Lumières, de
la Révolution française, des conquêtes républicaines, contre l’obscurantisme et la pensée
rétrograde. C’est porter l’histoire de la construction d’une école émancipatrice, des grandes batailles
pour la laïcité et contre la mainmise des églises sur l’enseignement, pour l’extension et la défense
du service public.

Être un·e professionnel·le de l’éducation, c’est avoir la conviction que chaque élève a sa place dans
notre société. C’est donc œuvrer au quotidien pour la tolérance et, à l’échelle de sa classe, de son
établissement, pour que les préjugés antisémites, racistes, LGBTIphobes et sexistes ainsi que
toutes les formes de discriminations reculent. C’est d’ailleurs ce qu’exigent de nous les programmes
scolaires !

Enfin, être un·e professionnel·le de l’éducation, c’est assumer la ferme conviction que notre objectif
est bien de former des citoyen·nes éclairé·es, et que la pédagogie, la bienveillance, la construction
de la confiance avec les élèves et les familles, l’innovation ne sont pas des gros mots mais bien les
leviers d’une école qui permette à toutes et tous de réussir.

Or, l’extrême droite représente l’inverse de tout cela. Elle incarne le courant politique issu en droite
ligne de l’opposition à la République et à ses valeurs, depuis la Révolution jusqu’à la guerre
d’Algérie, en passant par le régime de Vichy. Les récentes interventions de certain·es de ses
représentant·es les plus médiatiques le confirment, même si plusieurs années de tentative de
“dédiabolisation” ont pu le faire oublier. Elle représente le courant le plus hostile au syndicalisme, à
la démocratie sociale, aux acquis du mouvement ouvrier.

Elle est hostile à l’immigration, au féminisme, aux droits des personnes LGBTQIA+ : dans le champ
de l’éducation, elle s’est illustrée ces dernières années par son opposition à toutes les politiques
visant à promouvoir l’égalité. Plus généralement, on ne compte plus le nombre de personnalités
d’extrême-droite condamnées par la justice pour provocation à la haine raciale.

Enfin, elle est vent debout contre ce qu’elle appelle le “pédagogisme”, revendique un retour à l’école
de l’estrade et des punitions, porte dans la société une vision décliniste et rétrograde de l’école,
dans laquelle les enseignant·es seraient au fond les idiot·es utiles d’une menace sourde sur le
destin de la France. Elle porte la lourde responsabilité de la désignation des enseignant·es comme
bouc-émissaire des colères identitaires.

L’extrême-droite ne condamne jamais l’insuffisance des moyens attribués à l’éducation. Jamais
l’extrême-droite ne parle des vraies difficultés des personnels qui ont vu leurs conditions de travail
se dégrader. Jamais l’extrême droite ne porte un regard critique sur les inégalités scolaires et
sociales des élèves qui n’ont cessé de se renforcer.
Au contraire elle instrumentalise les craintes pour dénigrer l’école et ses personnels ou pour imposer
des mesures de préférence nationale au sein du service d’éducation. Elle fait de l’école un prétexte
pour imposer sa vision xénophobe et sécuritaire de la société.

Il n’est pas difficile d’imaginer ce que deviendrait l’école si l’extrême droite prenait les rênes du
pouvoir. Nous en avons déjà une illustration dans les municipalités tenues par l’extrême droite avec
des mesures anti-sociales telle que la fin de la gratuité de la cantine ou des transports pour les
enfants des familles démunies, ou encore des entraves dans l’accès aux activités périscolaires.

Pour nous, responsables syndicaux·ales de plusieurs organisations de l’Éducation nationale, les
personnels ont un rôle à jouer, particulièrement en cette période de campagne pré-électorale. Nous
appelons donc solennellement les personnels de l’Éducation nationale à faire front contre la montée
de l’extrême droite et ses idées, sur nos lieux de travail comme dans le débat public.


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